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Tuesday, November 01, 2005


Récemment à Venise pour le mariage de M. & V., flânant sur le Grand Canal à hauteur du Pont des Soupirs le lendemain de la célébration de leur union, je lève soudainement les yeux pour admirer la façade d'une petite église, et constate à ma grande surprise que le Maroc est présent à la Biennale de Venise, représenté par trois de ses artistes exposés dans ladite église, la Chiesa Santa Maria della Pietà (arrêt du Vaporetto S. Zaccaria), Riva degli Schiavoni.

Les 3 artistes? Fathiya Tahiri, Fouad Bellamine et Mohamed Bennani MOA.

Le commissaire de cette exposition, sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohamed VI, n'est autre que Tajeddine Baddou, qui avait notamment supervisé avec brio le pavillon marocain lors de l'exposition internationale de Lisbonne en 1998 (c'était un sans-faute, et objectivement un des meilleurs pavillons de toute l'exposition).

Ci-après le texte du fascicule de l'exposition, qui s'achève le 6 novembre prochain (plus que quelques jours):

"Dans l'entrelac formé par les apports, les correspondances et les influences, la Biennale de Venise joue un rôle d'aiguillon et de catalyseur pour un dialogue fécond et au combien urgent entre les peuples. C'est pourquoi la première participation du Maroc revêt, dans son processus de confrontation avec le passé et de réinvention, une importance significative.
Le Maroc est un pays où des traditions locales fortement enracinées coexistent avec un grand élan de changement. La récupération des styles, de modèles et de thèmes faisant partie du bagage culturel acquis doit donc être interprétée comme un moment de réflexion naturel et comme un point de départ vers un essort renouvelé de l'expression. Les formes multiples qu'emprunte l'art visuel de ce pays sont autant d'incitations importantes à la formation d'une nouvelle vision du contact culturel abordant les spécificités historiques et territoriales non pas comme des données inviolables, mais comme le fruit d'une constante réévaluation du concept d'identité.
L'art de Fouad Bellamine, de Mohamed Bennani MOA et de Fathyia Tahiri est interprété comme un moment charnière de l'instinct de création. La superposition des souvenirs et donc d'une sorte de nomadisme intellectuel permet la création de l'acte artistique, qui reste cependant ouvert à l'imagination et à l'instinct. Cette récupération peut s'exprimer de manière différente, qu'il s'agisse d'une simple évocation ou de citations textuelles de l'imaginaire traditionnel.
Fouad Bellamine est un peintre du geste; gestes de peinture par lequel il construit un espace de mémoire. L'oeuvre s'est souvent affrontée à la question de la muralité : surface picturale dressée au devant du regard et obsédant le peintre, obstacle physique attaqué par le corps et le geste. Matières et transparences, apparitions, disparitions ponctuent son travail. La sérialité est constante et incarne une quête de lumière, de spiritualité et de transcendance.
La peinture de Mohamed Bennani MOA est ancrée dans une tradition matiériste puisant sa source dans la peinture de l'école abstraite de Paris. Ses derniers travaux mettent en scène un paysagisme abstrait fait de contrastes violents où la couleur noire est omniprésente. Des giclées de lumière blanche et rouge ponctuent ces fragments de paysages conférant une portée expressionniste à son oeuvre.
Fathiya Tahiri est une artiste qui expérimente depuis des années, dans plusieurs directions, les potentialités des différentes formes d'expression, de l'architecure à la sculpture, façonnant également les matières les plus précieuses jusqu'à parvenir à un classicisme pictural. Son art, généreux et plein de vie, reformule une iconographie abstraite, un dictionnaire de signes qui se forment selon d'étranges lois syntaxiques : une iconographie animée par la matière picturale étalée avec vigueur et rythmée par des chatoiements soudains.
Le travail de ces artistes est donc le fruit d'une médiation aboutie entre la culture et les événements d'une civilisation contemporaine évalués à l'aune d'une profonde sensibilité historique."
 
posted by Amine at 10:00 PM |


3 Comments:


At 11/02/2005 12:11:00 AM, Blogger Najlae

Tajeddine Baddou,Allah ya weddi. je me souviens de ce monsieur.
Je voulais seulement ajouter qu'on a,et cela va sans dire, de l'art au maroc (personnellement,j'aime bcp bellamine et bennani mais je ne connais pas tahiri). il nous manque des gens qui ont des reseaux,des gens qui savent communiquer,des gens qui s'y connaissent en art et des moyens pour exporter un petit rayon de ladite culture.

 

At 11/02/2005 12:29:00 AM, Anonymous Larbi

Tajeddine Baddou a été également commissaire de l’année du Maroc en France. A en juger par le bilan de cette manifestation, c'est un homme d'une haute qualité intellectuelle. Je regrette seulement qu’on fait pas souvent appel aux services des gens comme lui.

Je suis content que le Maroc soit présent dans la Biennale de Venise (merci Amine pour l’info). Et surtout qu’on commence à se rendre compte qu’il ne faut jamais rater ce genre de manifestations pour faire la promotion de notre pays et ses talentueux artistes.

 

At 11/03/2005 12:43:00 AM, Blogger laseine

Baddou avec Frédéric Mitterrand comme commissaire pour la France, se sont acquitté de leur tache avec brillo.
J'en profite pour rendre hommage au dynamisme de mon amie Souad Rezok, à l'époque déléguée à la coordination du "Temps du Maroc", promue par la suite par M6, Directeur des Arts au Ministère de la Culture.
Je me souviens notamment de "la caravane du livre", et de "Suites marocaines Paris-Casa" au Couvent des cordeliers, qui a donné lieu à un opuscule sur la jeune création au Maroc.
C'est là que j'ai découvert l'écrivain Fouad Laroui et les photographes Ali Chraïbi, Thami Benkirane et Lamia Naji photographe des nuits urbaines de Rotterdam. C'est là aussi que j'ai découvert sous les pavés du Maroc consrvatoire, la plage du Maroc laboratoire ...

 


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