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Tuesday, December 05, 2006
Allez, qui ne connaît pas dans la blogosphère francophone et francophile le sieur Loïc Le Meur? Quasi personne. Tantôt plebiscité, tantôt décrié (voir aussi son "faux" blog "Loique Je Meur" - ses auteurs n'ont vraiment rien d'autre à foutre?), on parle de lui, beaucoup, et on l'invite partout - Pascale Clark, la voix off de RTL et du petit écran avec En Aparté de CanalPlus, l'affuble tantôt de "roi des bloggeurs" tantôt "pape des bloggeurs" et il semble s'en accomoder sans fausse modestie. "Serial Entrepreneur" émérite avec beaucoup de tops et quelques flops (mais globalement ça va... très bien même), incubateur à ses heures gagnées, quoi qu'on en pense, chapeau bas, c'est un gars qui réussit (sans parler des ses différentes jeunes pousses, son seul blog lui rapporte plus de € 4000/mois en revenus publicitaires).
On sait aussi, il le déclarait sans grande surprise en septembre dernier, qu'il soutenait la candidature de Nicolas Sarkozy à la prochaine élection présidentielle française.
Ça c'était pour l'intro :-)
François Bayrou était l'invité de Claire Chazal avant-hier au à la grand messe du 20 H dominical, et il en a profité pour exprimer son coup de gueule face la complaisance journalistique des principaux medias français à l'égard du couplet donné finaliste, Ségo-Sarko.
Bayrou a plutôt raison, il existe une collusion indéniable.
Loïc Le Meur revient sur l'événement et écrit:
"C'est bien le fait que les medias français nous conditionnent trop à un deuxième tour Sego Sarko alors que le parti socialiste n'était même pas au deuxième tour aux dernières présidentielles. François Bayrou a pas mal insisté sur ce point au 20h avec Claire Chazal.
Je pense qu'il y a une bonne chance que le PS ne soit pas au second tour à nouveau, pas vous ? Je ne crois pas pour autant à l'UDF au deuxième tour."
Loïc Le Meur a beau être un soutien inconditionnel du type au Karcher, il élude totalement (sur son blog) la possibilité d'un échec total de Sarko au premier tour. Cela est pourtant loin d'être improbable, si tant est que la gauche se défragmente un tantinet, que Chevènement fasse son dernier tour de piste avant de rejoindre au plus vite Ségolène, que Besancenot finisse sa crise d'adolescent et résolve son complexe d'Oedipe, et que De Villepin et Alliot-Marie sèment la zizanie.
Il est certes aisé de penser qu'un affrontement PS-UMP ait lieu au second tour, mais si second 21 Avril il y a, il sera à mon sens plutôt inversé avec un affrontement Gauche-Extrême droite.
Mais bon, en 6 mois tout peut arriver. De nouvelles théorisations qui ne tiennent pas la route.
De ma part aussi d'ailleurs :-), faut pas trop se prendre au sérieux :-)
 
posted by Amine at 2:07 PM |


3 Comments:


At 12/06/2006 12:47:00 AM, Anonymous Larbi

Sans vouloir être désagréable avec l’homme je crois que LLM cherche un strapontin ministériel dans le gouvernement Sarkozy … mais pour l’instant on est pas là et comme tu dis Amine il semble tellement emporté par l’élan sarkoziste qu’il oublie que rien n’est gagné d’avance.
.

 

At 12/06/2006 09:02:00 AM, Anonymous Cédric

Si Le Meur a un poste ministériel, je veux bien me les mordre...
D'ailleurs, ce cher Loïc pourrait-il nous expliquer le sens du slogan de son champion "La rupture tranquille" ? C'est quoi ça une rupture 'trinkil', comme on dit du côté de Toulouse ? Au moins, la "force tranquille" de Mitterrand - que le nabot de Neuilly a pompé sans vergogne - avait un sens! Mais une rupture, cela se fait ou pas, non ? (Le petit Robert: n.f. - XIVe lat.ruptura, de rumpere "rompre". Division, séparation brusque en deux ou plusieurs parties.)
Il faudrait que le petit Nicolas change de conseillers en communication : il a raté son annonce de candidature, raté sa comm' sur Internet, raté son slogan de campagne. Malgré ses talonnettes, il risquerait bien de rater les marches de l'Elysée...

 

At 12/07/2006 04:15:00 PM, Blogger Patrice

Dimanche dernier, pendant le déjeuner familial, j'ai affirmé : "à mon avis, entre Sarko et Ségo, l'un des deux va rester au tapis". Là, tout le monde a explosé de rire, en me remerciant de partager cette réflexion de haut vol. Evidemment, je m'étais mal exprimé et j'ai profité du retour au calme pour préciser la théorie (peut-être fumeuse) d'un second tour qui ne se jouerait pas forcément entre Sarko et Ségo. Tout d'un coup ça a jeté un froid, personne n'ayant sérieusement envisagé ce cas de figure (la faute aux médias ?)

Qu'on le veuille ou non, Royal représente le changement (paradoxal pour quelqu’un en politique depuis plus de vingt ans) par le simple fait qu'elle est une femme. Elle en joue, et c'est normal (en politique, tous les moyens sont bons, n'est-ce pas ?). Son objectif est de faire passer Sarkozy pour un mufle agité et macho. Sarkozy en a déjà pris la mesure, sa stratégie consistant à apparaître comme le parfait gentleman. Je cite : "Ségolène Royal est un adversaire de grande valeur", "Ne réduisez pas Ségolène Royal à son statut de femme". Les basses attaques liées à l'incompétence de Royal sont laissées à ses lieutenants. Sarkozy se place donc dans le registre du respect, voire de la séduction, l'objectif étant évidemment de contrer Royal et de la faire apparaître comme une mégère aigrie, rigide, autoritaire.

Cela dit, comme Amine, je penche plutôt vers un duel PS - FN. L’UMP et Sarkozy vont se saborder tous seuls :
- les couteaux sont sortis, MAM et Villepin sont à l’affût ;
- l’UMP a beau jeu de critiquer les primaires PS, mais leur débat interne va tourner à la mascarade ;
- Sarkozy va déraper, il a du mal à se maîtriser (cf. sortie virulente contre MAM).

Certains pensent que Sarkozy ratissera des voix du FN, car il est plus respectable que Le Borgne. Je ne suis pas sûr que le critère de « respectabilité » entre en ligne de compte dans le vote FN. Il y a une vraie base au vote FN, auquel se rajoute un vote sanction contre les hommes (et pas femmes) politiques de tous bords qui mènent la même politique depuis vingt ans. Le Borgne n’a même pas besoin de communiquer, les événements et les politiques en place le font pour lui. Et il n’est jamais aussi dangereux que quand on ne l’entend pas.

Et j’irai même jusqu’à pronostiquer une victoire finale de Royal. J’étais récemment à Budapest et un Hongrois m’a affirmé que Sarkozy était un nom typiquement gitan et m’a demandé : « ça ne dérange personne en France, que Sarkozy soit un immigré et qu’il tienne ces propos envers les immigrés ? ». « Euh, ben non, je ne pense pas, je crois que maintenant les Français sont au-dessus de ça… ». Finalement, je n’en suis pas si sûr. Sous couvert de contestation (Le Pen au second tour) et de modernité (voter pour une femme), les Français en élisant Royal (à plus forte raison contre un Le Pen au second tour) auront en fait voté pour perpétuer la tradition des présidents de la Vème République : De Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing (précision, la particule a été achetée), Mitterrand, Chirac.
C’est ce qu’on appellera un changement à peu de frais. A se demander si, paradoxalement, voter Sarkozy, ne serait pas le vrai vote révolutionnaire…

 


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